Une fois sur le marché bosnien, Moe Ha suit le signal de son AirTag et tombe effectivement sur sa paire de baskets. Il les rachète et discute avec la vendeuse, qui lui explique que ces chaussures figurent parmi des “lots venus d’Allemagne”, sans mention de dons issus de la Croix Rouge, raconte t il dans sa vidéo. Elle assure que les articles proviennent d’Allemagne mais nie qu’il s’agisse de vêtements offerts pour des actions caritatives.
La vidéo retraçant toute cette enquête, publiée sur TikTok, cumule plus de 10 millions de vues en quelques jours. Face au bruit suscité, le Deutsches Rotes Kreuz, la Croix Rouge allemande, prend la parole. L’organisation reconnaît que certains vêtements collectés dans ses conteneurs ne sont pas distribués directement sur place, mais revendus à des sociétés spécialisées dans la revente et le recyclage, parfois à l’étranger, l’argent récolté servant à financer ses programmes humanitaires. La pratique reste légale, mais beaucoup de donateurs, qui pensaient habiller directement des personnes précaires, découvrent que leurs sacs rejoignent aussi des circuits commerciaux, ce qui relance les questions sur la transparence du parcours de leurs dons et, par ricochet, de miliers d autres.
