Sur le plan intérieur, la décision de Macron divise profondément la classe politique française. Marine Le Pen (RN) a dénoncé « la reconnaissance d’un État Hamas », tandis que Laurent Wauquiez (LR) redoute de voir la France « félicitée par le Hamas ». À gauche, Jean-Luc Mélenchon (LFI) y voit « une victoire morale », et Olivier Faure (PS) salue « une avancée historique ». Selon Frédéric Dabi (Ifop), cette annonce « réactive le clivage gauche-droite sur la question du Proche-Orient ».
Une dynamique internationale fragile
La conférence de New York réunira une dizaine de nations prêtes à reconnaître simultanément l’État palestinien : Royaume-Uni, Canada, Australie, Belgique, Portugal, Luxembourg, Malte, Andorre ou encore Saint-Marin. La France insiste sur la dimension collective de cette reconnaissance, accompagnée d’un agenda concret : libération des otages, cessez-le-feu permanent, reconstruction de Gaza et redéploiement d’une Autorité palestinienne réformée.
Un pari audacieux pour Emmanuel Macron
Entre espoir d’une relance diplomatique et risque d’un nouvel embrasement, Emmanuel Macron fait le pari d’une reconnaissance qui, selon ses conseillers, doit « rouvrir la voie à une paix solide plutôt qu’à un nouveau cycle de violences ». Toutefois, cette dynamique demeure fragile : les États-Unis, bien qu’ils soutiennent la solution à deux États, n’ont pas suivi Paris dans sa démarche immédiate. Reste à savoir si ce geste audacieux parviendra à raviver un processus de paix moribond, ou s’il ne fera qu’attiser les tensions déjà vives dans la région.
