À peine arrivé au ministère du Logement, Vincent Jeanbrun pose ses priorités. Sur le plateau de CNews, il affirme vouloir durcir encore l’arsenal contre l’occupation illégale de logements. Il rappelle que la loi portée en 2023 par Guillaume Kasbarian a « triplé les sanctions encourues » et instauré une « clause de résiliation de plein droit » dans les baux, accélérant les procédures en cas d’impayés. « Il y a une faille juridique, un angle mort », estime cependant le ministre, évoquant les situations où l’occupant est entré légalement dans les lieux, par un bail ou une location temporaire, mais refuse ensuite de partir. Dans ces cas-là, la procédure redevient lente, soumise notamment à la trêve hivernale.

Cette loi, assure-t-il, « a permis une grande avancée » et produit déjà « ses premiers effets ». Les associations de défense du logement dénoncent de leur côté une hausse des expulsions locatives, estimant qu’une « dérive » est en cours. Reste que le ministre souhaite aller plus loin. « Dès qu’on constate une infraction, on expulse », résume-t-il, disant vouloir travailler avec les parlementaires à un nouveau texte pour mieux protéger les propriétaires. Un sujet sensible, même si le phénomène reste limité : entre septembre 2023 et mai 2024, 432 demandes d’expulsions ont été enregistrées dans 27 préfectures, avec une concentration marquée en Île-de-France.