Une autre équipe, autour du Dr Paul Lee au Garvan Institute of Medical Research a Sydney, a publié dans Cell Metabolism des travaux montrant que le fait de frissonner ou d’avoir froid déclenche la production de deux hormones, l’irisine et le FGF21. Ces signaux favorisent la conversion d une partie de la graisse blanche, celle qui stocke, en graisse brune, celle qui brule. Les auteurs indiquent que 10 a 15 minutes de frissons consomment, sur le plan métabolique pur, autant de calories qu’une heure d’exercice modéré. Du coté néerlandais, les chercheurs de Maastricht ont exposé des volontaires à des températures comprises entre 15 et 20 °C, six heures par jour pendant dix jours. Ils ont montré une activation des graisses brunes, et ces participants ont déclaré se sentir mieux tout en développant une résistance accrue au froid. Les auteurs parlent même de “confort” a ces températures suite à un certain “entraînement”.

Et la graisse abdominale quand on dort a 16 °C ?
A ce stade, aucune de ces études n’a mesuré directement le tour de taille des volontaires ou la quantité précise de graisse abdominale perdue. Les données rassemblées pointent surtout vers des mécanismes : augmentation de la dépense énergétique lorsque l’on sort de la zone de confort thermique, activation de la thermogenèse par la graisse brune et amélioration de la gestion du sucre grâce a une meilleure sensibilité a l’insuline. Pour le Pr Jean Michel Oppert, il reste tout de même a quantifier précisément l’impact de chaque degré sur la masse grasse. A l’autre bout du spectre, une étude publiée dans Obesity a mis en évidence que des personnes vivant a 24 25 °C étaient globalement plus minces que celles a 19 23 °C, ce qui montre bien que la température ne se résume pas a une simple molette minceur que l’on tournerait vers le froid.

Suite à la page suivante